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Voir la version complète : Thorus-Matin - N°6 - La pierre angulaire de l'industrie Thorusienne



farfadead
07/06/2015, 20h57
Par Farfadead, Redac-nouille-en-chef

L’usage des vaisseaux est quotidien sur notre belle Thorus, ce qui nous ferait presque oublier qu’afin de les produire, des dizaines voire des centaines de cyborgs se sont penchés sur leur conception et leur fabrication. Thorus-Matin a enquêté sur les coulisses des spatioports et des centres de recherche afin de vous dévoiler les secrets qui se cachent derrière ces machines de tous les jours.
Nous sommes donc dans le bureau du professeur Femtinius, célèbre designer d’un des modèles de vaisseau les plus répandus dans la galaxie, le bien nommé Mikron. La pièce est sombre et l’homme est vieux, et malgré sa fatigue apparente, il a bien voulu revenir sur la conception de son chef-d’œuvre.

« Ca remonte à bien longtemps ces histoires-là, à une époque où j’étais encore jeune et fougueux ! Je m’en souviens je courrais les filles et comme tous mes amis avaient des voitures décapotables, je n’avais pas beaucoup de succès avec mon vieux tacot tout pourri. Le jour où j’ai eu l’idée de coller des ailes en cartons sur les portières, j’ai réussi à faire croire à cette belle brune qu’on allait décoller si l’on parvenait à atteindre le bord de la falaise.
Le pire c’est qu’on y est arrivé… enfin surtout parce qu’il y avait un dos-d’âne sur la route, beaucoup de drogue et pas de falaise. Toujours est-il que quand elle commencé à faire courir le bruit que mon tacot pouvait voler trois jours plus tard, j’ai dû me mettre au travail sérieusement. J’ai dû faire pas mal de modifications, mais la seule chose d’origine toujours en place sont les ailes en cartons »

Voilà donc l’origine du fameux Mikron, fusion d’une blague potache et d’une Fiat Panda. Mais la fabrication de ce vaisseau a lieu dans des endroits dont on ne connait souvent que les salles d’embarquement, visite des ateliers d’assemblage avec l’ingénieur en charge de cette lourde tâche.

« Là vous pouvez voir cet enfant Houd découper les planches de carton au cutter, les Houds c’est pratique, c’est docile et quand ça se plaint on ne les écoute que sur Néo. Et Néo c’est loin ! » L’ingénieur soutenait son gros ventre à bière tout au long de sou fou rire interminable. La rédaction de Thorus-Matin n’a pas de sympathie particulière pour les esclaves Houds de Thorus, mais être à proximité de ce type était un supplice de tous les instants. L’ingenieur, une fois son souffle retrouvé continua la visite guidée.

« Ici, on applique la colle et la peinture sur la carlingue. Pur titane ils disent dans la brochure, mais nous faisons un mélange 50-50 avec du sable, il en a plein partout par terre et c’est gratuit. Evidemment c’est moins solide quand on se crashe, mais je n’ai jamais entendu personne pleurer un pilote de Mikron ! »

« La partie la plus intéressante se trouve à l’assemblage du bloc moteur et bouclier. En fait c’est la même chose : la combustion du neutronium est tellement peu efficace que la quantité industrielle de fumée produite fait office de système de défense. Pour les moments critiques, on installe deux boosters à gauche et à droite, ça reprend l’idée de la fusée de feu d’artifice et c’est à usage unique. Le coffre, est assez exigu mais on peut y loger une voire deux brosses à dents. Pour le cargo supplémentaire il y a des barres de toit. »

La dernière étape reste donc la personnalisation des vaisseaux. Des techniciens experts se penchent sur toutes sortes d’idées afin d’améliorer les performances des vaisseaux sortis d’usine. L’équipe est dirigée par une sorte de Géo Trouvetou de la mécanique spatiale du nom de Herbert Misshap von Wrench. Les ateliers sont encombrés d’assemblages improbables de boites de conserves et de tubes d’essuie-tout, des projets avortés selon le maître des lieux.
« Tous les matins nous faisons un brainstorming, ça nous permet d’avoir de nouvelles idées en permanence. Le secret c'est de prendre des avantages technologiques, et justement d’essayer de concrétiser ce qui parait improbable ou impossible. Par exemple, les Houds ont peur des mouches, alors on colle des mouches sur la carlingue des Mikrons ? Ça marche du tonnerre ce genre de trucs ! »

Le pire c’est qu’il en avait l’air convaincu.

« Notre budget ? Bah on nous file des sandwichs par une trappe deux fois par jour et on a le droit de se servir de ce qu’on veut dans la décharge publique. » Il fut interrompu à ce moment par un de ses assistants qui lui exposa une idée - selon lui géniale - qui consistait à repeindre les vaisseaux de la flotte en violet à rayure vert pomme et pois jaune pastel pour donner la nausée aux pilotes ennemis. Je profitais de cette interruption pour m’éclipser discrètement, frappait au carreau de la porte d’entrée et l’infirmier de garde la déverrouilla.

Voilà la vérité cachée qui entoure la production de Mikrons.

Une enquête subventionnée par une société impliqué dans la production d’alpha qui désire rester anonyme mais qui tient à me faire préciser que Mr Stalldive n’est aucunement impliqué dans celle-ci.